Le nouvel Appuis de Financement Mondiale – un modèle de financement des Objectifs de Développement durable ?

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Par Jens Martens

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Alors que les négociations sur le financement du développement et les moyens de mise en œuvre des Objectifs du Développement Durable (ODD) au sein de l’ONU sont dans l’impasse, un nouveau mécanisme de financement mondial (GFF) à l’appui de chaque femme, chaque enfant va être établi en dehors de l’ONU. La création de la GFF a été initiée par la Banque Mondiale et les gouvernements du Canada, la Norvège et les Etats-Unis, et  annoncée à l’Assemblée générale des Nations Unies en Septembre 2014. Il sera officiellement lancé en Juillet 2015, lors de la troisième Conférence de financement du développement à Addis-Abeba, en Ethiopie.

Le GFF est appelé à jouer un rôle clé dans le financement pour la reproduction  maternelle, néonatale, infantile et la santé des adolescents (RMNCAH) et servira de moyen  important pour le financement du projet de SDG relatif à une vie saine. Il est positionné comme nouveau mécanisme de financement le plus important pour les ODD et l’agenda post-2015, similaire au Fonds mondial ou de GAVI. Selon la Banque Mondiale :

Le  GFF agit comme un pionnier d’une nouvelle ère du financement du développement par l’expérimentation d’un modèle qui se déplace loin de se concentrer uniquement sur l’aide publique au développement à une approche qui combine le soutien externe, le financement intérieur, et les sources innovantes de mobilisation et de livraison des  ressources (y compris le secteur privé) d’une manière synergique.

Combler le Vide du financement

La nouvelle installation vise à combler le déficit de financement des dépenses du RMNCAH, qui est estimé à environ 33,3 milliards de dollars en 20152. Elle vise à mobiliser des fonds supplémentaires grâce à la combinaison de subventions d’un nouveau Fonds d’affectation spéciale GFF, le financement de l’Association internationale de développement (IDA ) et la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD), l’effet d’attraction sur des ressources intérieures supplémentaires, notamment du secteur privé, et par “des gains d’efficacité grâce à un financement intelligent.» 3 les architectes de la GFF soutenir explicitement le mélange des financements public et privé des systèmes sanitaires:

Pour améliorer les résultats RMNCAH, nous avons besoin d’une approche de desyeme de santé intégré qui cherche les meilleures solutions, indépendamment du fait qu’ils sont fournis par le secteur public, privé ou les deux dans une collaboration significative l’un  avec l’autre. (…) Le GFF peut soutenir l’intensification des efforts d’intégration des approches de systèmes de santé mixte dans RMNCAH aux niveaux  national, régional et mondiale

Un total de 63 pays à faible revenu et à revenu moyen inférieur est habileté à recevoir le financement GFF. Dans la première phase, quatre pays «pionniers» (République démocratique du Congo, Ethiopie, Kenya, Tanzanie) recevront un financement. Dans la prochaine phase, cinq à dix pays supplémentaires seront sélectionné.  Selon le plan d’affaires GFF, le GFF opère au niveau des pays par le biais des plates-formes multi-acteurs, dirigé par le gouvernement national, mais avec la pleine participation du secteur privé, la société civile, les bailleurs de fonds multilatéraux et bilatéraux et fondations. L’existence d’une telle plate-forme de campagne multipartite est considérée comme un critère d’éligibilité indispensable.

Gestion du club en dehors de l’ONU

La Banque mondiale joue un rôle de rassembleur pour la GFF; et le Fonds fiduciaire GFF est entièrement intégré dans les opérations de la Banque mondiale, avec un petit secrétariat basé à la Banque mondiale à Washington, DC Toutefois, l’organe central de prise de décision de la GFF sera le Groupe d’Investisseurs GFF, un organisme multipartite avec 20-25 représentants des pays participants, les donateurs bilatéraux, les institutions multilatérales et des partenariats, le secteur privé, les fondations privées et les ONG.

Le concept de la GFF a été élaboré sous la direction du Groupe de travail GFF, dont la composition indique ce à quoi l’adhésion au Groupe d’Investisseurs GFF peut ressembler. Le Groupe de travail a été GFF présidé par le Gouvernement de la Norvège, l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID) et la Banque mondiale, et avait 28 membres, dont des représentants de l’Alliance GAVI, le Fonds mondial, la Fondation Bill & Melinda Gates, et la Fondation de l’ONU. Seuls trois représentants gouvernementaux de l’hémisphère Sud ont été impliqués (Ethiopie, le Burundi et la RD Congo).

Un Comité du Fonds fiduciaire GFF plus petit est intégré dans le Groupe d’Investisseurs GFF avec pouvoir de décision sur les crédits du Fonds d’affectation spéciale.

La composition du Comité sera limitée aux bailleurs de fonds dans le Groupe d’Investisseurs et son président ou  vice-président. Les plans actuels ne prévoient aucun rôle pour les pays partenaires ou des organisations de la société civile de l’hémisphère Sud.

Sous le couvert de l’initiative EWEC et une structure multi-parties prenantes, la gouvernance de la GFF semble être dominé par les donateurs traditionnels et des fondations privées. Des décisions importantes sur le soutien financier de stratégies nationales de santé sont prises à la seule discrétion du Groupe d’Investisseurs GFF. Mais le Groupe d’Investisseurs est GFF, un corps exclusif d’auto-sélectionnés et non soumis à la surveillance intergouvernementale et mécanismes de responsabilité mutuelle.

Néanmoins, le GFF contribuera à consolider le rôle de la Banque mondiale en tant qu’institution de financement clé pour l’agenda post-2015, tout en laissant qu’un rôle marginal pour l’ONU. Ainsi, le GFF à l’appui de l’EWEC est un exemple particulièrement frappant du passage de la prise de décision multilatéral inclusif au sein de l’ONU à la gouvernance mondiale de club “partenariats” exclusifs.

Les membres du Groupe de travail GFF

  • Organisations internationales

Dr Tim Evans, directeur général de la santé, la nutrition, la population, le Groupe de la Banque mondiale

Suprotik Basu, PDG, Envoyé spécial du Secrétaire général de l’ONU pour le financement de la réalisation des OMD pour la santé et le paludisme

Pascal Bijleveld, Stratégie RMNCH et l’équipe de coordination, de l’UNICEF

Dr Mickey Chopra, chef de la Santé, l’UNICEF

Jacqueline Mahon, Conseiller principal en politiques, la santé mondiale et les systèmes de santé, le FNUAP

Dr Flavia Bustreo, Sous-Directeur général, de la Famille, de la santé des enfants et des femmes, l’OMS

  • Les gouvernements – Nord

Dr Ariel Pablos Mendez, administrateur adjoint pour la santé mondiale, l’USAID

Alexia Latortue, sous-secrétaire adjoint pour le développement international et la dette, US Département du Trésor

Dr Tore Godal, conseiller spécial sur la santé mondiale, Cabinet du Premier Ministre de la Norvège

Dr Jane Edmondson, chef de groupe, le développement humain, le DFID, Royaume-Uni

Diane Jacovella, sous-ministre adjoint, Affaires étrangères, du commerce et du développement, le Canada

Dr Christopher MacLennan, directeur général, ministère des Affaires étrangères, du commerce et du développement, le Canada

Dr Anders Nordstrom, Ambassadeur pour la santé mondiale, Ministère des affaires étrangères, de la Suède

  • Les gouvernements – Sud

Ministre Kesetebirhan Admasu, ministre de la Santé, de l’Ethiopie

Josiane Kamikazi, Conseiller technique, ministre des Finances, le Burundi

Dr Albert Welo Kalema, Délégué, République démocratique du Congo

  • Fondations

Kathy Calvin, président et chef de la direction, Fondation des Nations Unies (Etats-Unis)

Kate Dodson, VP de la santé mondiale, la Fondation des Nations Unies (Etats-Unis)

Dr Mariam Claeson, Directeur, maternelle, néonatale et infantile, La Fondation Gates (Etats-Unis)

Michael Anderson, directeur général, Fondation du Fonds d’investissement pour enfants (Royaume-Uni)

  • Partenariats

Hind Khatib-Othman, directeur général, Gavi, l’Alliance des vaccins

Marijke Wijnroks, chef d’état-major, le GFATM

Dr Carole Presern, directeur exécutif, Partenariat pour la santé maternelle, néonatale et de l’enfant

Nana Taona Kuo, Sr. Gestionnaire, Chaque femme, chaque enfant, Organisation des Nations Unies

  • ONG

Directeur Joanne Carter exécutif, Résultats (US)

Michael Klosson vice-président, Politiques et interventions humanitaires, Save the Children (Etats-Unis)

Joanne Manrique, président, Centre de santé et diplomatie globale (US)

Ann Starrs, président et chef de la direction, Guttmacher Institute (Etats-Unis)


Notes 
:

1 Cf. Banque mondiale (2015), p. je.

2 Cf. ibid., p. 2.

3 Cf. ibid.

4 Cf. Banque mondiale (2014), p. 35.

5 Cf. Banque mondiale (2015), p. 1 et 27.

6 Cf. ibid. p. 22.

7 Cf. Banque mondiale (2014), annexe 1.


Références

World Bank (2015): Business Plan for the GlobalFinancing Facility in Support of Every WomenEvery Child.Washington, D.C.

World Bank (2014): A Global Financing Facilityin Support of Every Woman Every Child. Concept Note. Washington, D.C.

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